• 08 JUIL 17
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    BIOARTI

    BIOARTI

    Les biologistes et les philosophes se demandent avec insistance « Qu’est-ce que la vie ? ».

    Pourtant, au lieu de chercher à définir le phénomène vital à partir d’une essence, il s’avère peut-être plus fécond de l’envisager comme un processus évolutif, perçu et objectivé de manière variable selon les sociétés humaines. Une enquête sur les origines et les conditions d’émergence de la vie – en particulier de la vie extraterrestre – doit prendre en compte le caractère dynamique de son objet d’étude, tout autant que de la diversité des théories forgées
    par les humains pour l’expliquer. Il convient alors, d’une part, d’élaborer un cadre analytique pour étudier les variations, historiques et culturelles, des conceptions de la vie. D’autre part, d’envisager la pluralité des formes que la vie peut prendre, sur Terre et dans les environnements extraterrestres, pour déterminer, non seulement ce qu’elle est, mais ce qu’elle pourrait être (ou aurait pu être), ainsi que ce qu’elle pourrait devenir (ou aurait pu devenir).
    Pour se faire, BIOARTI mobilise les méthodes et les ressources de l’anthropologie de la vie, qui fonde ses connaissances sur des enquêtes ethnographiques, afin de contextualiser et de comparer entre eux les savoirs sur la vie. Cette visée comparatiste s’engage à plusieurs niveaux : entre les productions scientifiques et la culture – notamment artistique – d’une même société ; entre différentes sociétés ; entre la vie terrestre et la vie extraterrestre. Notre hypothèse est que les conceptions de la vie gagnent à être abordées dans leurs relations avec les techniques et les pratiques – notamment artistiques et scientifiques – développées par les sociétés humaines. L’activité technique, entendue en un sens large, peut en effet servir à produire : i) des instruments (de mesure, d’observation) pour investiguer sur la vie et explorer ses manifestations ; ii) pour reproduire et modéliser des systèmes vivants ; iii) pour créer des mondes fictionnels dans lesquels évoluent des êtres vivants, tels qu’ils existent ou pourraient
    exister. Plus fondamentalement, le fait que la technique et l’art permettent aux humains d’expérimenter depuis longtemps diverses modalités de l’imbrication entre les processus vitaux et les processus techniques au sein d’environnements hybrides, suggère qu’il peut être pertinent d’adopter une définition élargie de la vie en exobiologie. Par-delà la recherche des formes biologiques, l’émergence de formes de vie artificielles sur Terre invite ainsi à réfléchir à la possibilité de découvrir des traces de vie non-biologiques – comme le suggère l’hypothèse d’un univers post-biologique formulée par Steven J. Dick. L’objectif de BIOARTI est donc d’étudier comment les dispositifs techniques et fictionnels aident à penser la diversité des évolutions – darwiniennes ou non, biologiques ou post-biologiques – que la vie a ou pourrait (ou aurait pu) connaître dans l’univers.
    BIOARTI entend favoriser une réflexion collective et interdisciplinaire, mobilisant des chercheurs en SHS et en sciences de la nature, pour établir les liens entre la définition de la vie et les contextes culturels, techniques et artistiques d’une société. Cette réflexion collective s’appuiera autour des activités de l’équipe « Anthropologie de la vie et des représentations du vivant » dont plusieurs membres mèneront des enquêtes ethnographiques – le PI, un
    chercheur invité (I. Praet), une doctorante (H. Yen Dam) et une masterante (L. Kamili) sur la question de l’observation et de la modélisation des écosystèmes vivants (Ecotron & Biosphère) – en collaboration avec Régis Ferrière (ENS – UMI Arizona). Un chercheur postdoctorant (J. Becker) effectuera une enquête dans des laboratoires de robotique. Des workshops internationaux et une conférence seront organisés sur les thématiques suivantes :
    instruments d’observation et de mesure (org : I. Praet), robotique et les processus vitaux (org : J. Becker), modélisation des écosystèmes (org : R. Ferrière, P. Pitrou, I. Praet) ; origine et les conditions d’apparition de la vie dans la science-fiction (org : R. Lehoucq, J. S. Steyer). Une réflexion sera également engagée sur les relations existant entre l’art et la science dans la construction des savoirs sur la vie en menant des actions menées hors des cercles académiques à travers plusieurs activités : une table-ronde lors du Festival de science-fiction les Utopiales (Org : R. Lehoucq), un cycle de films-débats (R. Lehoucq, P. Pitrou, J. S. Steyer).

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